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fleuve et celle des ports désignés, mais nous avons le devoir de nous efforcer de détruire la piraterie. L'art. 28 de la convention porte : « Le gouvernement français renouvelle la promesse faite au gouvernement annamite, à l'art. 2 du traité du 15 mars, de faire tous ses efforts pour détruire les pirates de terre et de mer, particulièrement dans le voisinage des villes et des ports ouverts au commerce européen, de façon à rendre les opérations du commerce aussi sûres que possible. » Ce devoir que nous assumons, nos voisins de Hong-Kong et de Shanghaï, les commerçants anglais, allemands, espagnols, nous l'ont souvent rappelé. Le Daily-News, dont nous avons eu déjà occasion de citer quelques passages, rappelle à la France qu'elle n'est pas la seule puissance ayant des intérêts au Tonkin; cette remarque est grave venant d'un journal anglais, elle contient presque une mise en demeure d'agir, si nous ne voulons pas que d'autres viennent agir à notre place et profiter des sacrifices que nous avons déjà faits.
Il va de soi que l'Annam, vis-à-vis duquel nous avons stipulé d'une manière plus spéciale, doit nous faciliter l'accomplissement de la mission que nous avons acceptée. Au lieu de ces facilités qu'il nous doit, il nous apporte des entraves, il fait ouvertement cause commune avec ces pirates que nous avons promis de détruire. Cette mauvaise foi de l'Annam nous délie vis-à-vis de lui, c'est certain, mais elle ne peut avoir pour effet de faire disparaître notre droit, pas plus que de nous délier vis-à-vis du commerce du monde. Il demeure certain que nous avons le droit et le devoir d'agir pour assurer la protection de nos nationaux et celle que nous avons promise au commerce en général.
Et ainsi se justifie pleinement notre action au Tonkin.
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N° 1889
V.
Moyens à employer.
Les moyens que nous avons employés sont de deux sortes; le Gouvernement le prévoit avec raison, il y a en effet ceux qu'on peut appeler moyens militaires et les moyens civils; le projet qui vous est soumis les distingue.
Au point de vue militaire, le Gouvernement estime qu'il y a lieu de porter à 3.000 hommes de troupes métropolitaines le corps d'occupation et d'y joindre 1.000 tirailleurs Annamites. Ces chiffres sont depuis longtemps ceux qui ont été indiqués par les personnes qui se sont le plus occupées de la question et qui sont le mieux en situation de la connaître. Il a paru à votre Commission qu'ils étaient suffisants et que d'autre part ils n'avaient rien d'exagéré. Nous devons compter sur la solidité et la fidélité des tirailleurs Annamites, qu'on aura soin du reste d'opposer non à leurs anciens compatriotes, mais aux pavillons noirs et autres bandes chinoises. Soutenus par quelques troupes françaises et commandées d'ailleurs par des officiers et des sous-officiers français, ces tirailleurs formeront une excellente troupe. Vous savez, Messieurs, que le Gouvernement estime qu'il suffit pour compléter l'effectif qu'il juge nécessaire d'envoyer encore 1,500 hommes. Sur la demande de la Commission, M. le Ministre de la Marine a fait savoir que cet effectif ne serait pas dépassé, en comptant les troupes de toutes armes, c'est-à-dire l'infanterie et l'artillerie de marine.
En ce qui concerne les forces navales les prévisions paraissent à la Commission largement suffisantes.
Pour compléter les mesures militaires et si cela paraît quelque peu utile, le représentant de la France pourrait accepter les services des tribus indépendantes, et leur accorder le protectorat qu'elles ont plusieurs fois demandé.
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fleuve et celle des ports désignés, mais nous avons le devoir de nous efforcer de détruire la piraterie. L'art. 28 de la con- vention porte : « Le gouvernement français renouvelle la promesse faite au gouvernement annamite, à l'art. 2 du traité du 15 mars, de faire tous ses efforts pour détruire les pirates de terre et de mer, particulièrement dans le voisinage des villes et des ports quverts au commerce européen, de façon à rendre les opérations du commerce aussi sûres que possible. » Ce devoir que nous assumons, nos voisins de Hong- Kong et de Shanghaï, les commerçants anglais, allemands, espagnols, nous l'ont souvent rappelé. Le Daily-News, dont nous avons eu déjà occasion de citer quelques passages, rappelle à la France qu'elle n'est pas la seule puissance ayant des intérêts au Tonkin; cette remarque est grave ve- nant d'un journal anglais, elle contient presque une mise en demeure d'agir, si nous ne voulons pas que d'autres vien- nent agir à notre place et profiter des sacrifices que nous avons déjà faits.
Il va de soi que l'Annam, vis-à-vis duquel nous avons stipulé d'une manière plus spéciale, doit nous faciliter l'ac- complissement de la mission que nous avons acceptée. Au lieu de ces facilités qu'il nous doit, il nous apporte des en- traves, il fait ouvertement cause commune avec ces pirates que nous avons promis de détruire. Cette mauvaise foi de l'Annam nous délie vis-à-vis de lui, c'est certain, mais elle ne peut avoir pour effet de faire disparaître notre droit, pas plus que de nous délier vis-à-vis du commerce du monde, Il de- meure certain que nous avons le droit et le devoir d'agir pour assurer la protection de nos nationaux et celle que nous avons promise au commerce en général.
Et ainsi se justifie pleinement notre action au Tonkin.
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N° 1889
V.
Moyens à employer.
Les moyens que nous avons employer sont de deux sortes; le Gouvernement le prévoit avec raison, il y a en effet ceux qu'on peut appeler moyens militaires et les moyens civils; le projet qui vous est soumis les distingue.
Au point de vue militaire, le Gouvernement estime qu'il y a lieu de porter à 3.000 hommes de troupes métropolitaines le corps d'occupation et d'y joindre 1.000 tirailleurs Annami- tes. Ces chiffres sont depuis longtemps ceux qui ont été indi- qués par les personnes qui se sont le plus occupés de la ques- tion et qui sont le mieux en situation de la connaître. Il a paru à votre Commission qu'ils étaient suffisants et que d'au- tre part ils n'avaient rien d'exagéré. Nous devons compter sur la solidité et la fidélité des tirailleurs Annamites, qu'on aura soin du reste d'opposer non leurs anciens compatriotes, mais aux pavillons noirs et autres bandes chinoises. Soutenus par quelques troupes françaises et commandées d'ailleurs par des officiers et des sous-officiers français, ces tirailleurs for- meront une excellente troupe. Vous savez, Messieurs, que le Gouvernement estime qu'il suffit pour compléter l'effectif qu'il juge nécessaire d'envoyer encore 1,500 hommes. Sur la demande de la Commission, M. le Ministre de la Marine a fait savoir que cet effectif ne serait pas dépassé, en comptant les troupes de toutes armes, c'est-à-dire l'infanterie et l'artil- lerie de marine.
En ce qui concerne les forces navales les prévisions pa- raissent à la Commission largement suffisantes.
Pour compléter les mesures militaires et si cela paraît quelque peu utile, le représentant de la France pourraitaccepter les services des tribus indépendantes, et leur accorder le pro- tectorat qu'elles ont plusieurs fois demandé.
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